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Nouvel An … !

Posté par LPBSM le 31 décembre 2012

Nouvel An ... ! bougies-blanches-04     Bonjour,

 

Au XII ème siècle, le nouvel an ne se célèbre pas partout de la même façon et surtout pas à la même date (En Normandie, en Anjou, dans le Poitou et à Lyon, on choisit la date de Noël pour faire commencer l’année civile) .   D’où un casse-tête pour les clercs qui devaient administrer le royaume, faire payer les loyers, rémunérer les soldats voire les mercenaires, etc … .

 

 

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.César marbre du jardin des Tuileries à Paris

Cela commence en 46 av JC, où Jules César impose le remplacement du calendrier lunaire, jusque-là en vigueur, par un calendrier solaire, dit « julien » (du nom de l’empereur, mais qui est surtout l’invention de l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie) .  Tout comme le calendrier actuel, il est divisé en 12 mois et 365 jours [une journée supplémentaire étant ajoutée tous les quatre ans (année bissextile)] .  La différence entre l’ancien calendrier romain et le nouveau, c’est que le calendrier républicain n’a que 355 jours et qu’il est nécessaire de recourir à un mois intercalaire (supplémentaire ; Un mois intercalaire (mensis intercalis)  de 27 jours était intercalé tous les deux ans .  Cette intercalation avait lieu alternativement après le 23 ou le 24 février ; il se substituait aux quatre ou cinq derniers jours de février .  Du point de vue des fêtes civiles et religieuses, les cinq derniers jours de février devenaient les cinq derniers jours du mois intercalaire .  Celui-ci était appelé Mercedonius, parce que les mercenaires recevaient leurs salaires (en latin : merces) à ce moment-là. ) . 

Le calendrier républicain avant la réforme julienne
I Martius mars 31 jours
II Aprilis avril 29 jours
III Maius mai 31 jours
IV Iunius juin 29 jours
V Quintilis quintile 31 jours
VI Sextilis sextile 29 jours
VII September septembre 29 jours
VIII October octobre 31 jours
IX November novembre 29 jours
X December décembre 29 jours
XI Ianuarius janvier 29 jours
XII Februarius février 28 jours
  TOTAL 355 jours

Le premier jour de l’année, fixé au 1er mars, mois très important à Rome, car aux ides de mars (correspondant au 15 mars dans le calendrier romain) on élisait les consuls ; maintenant l’élection des consuls aura lieu au début de l’année qui est fixée au 1er janvier (date des nouvelles élections des Consuls de Rome) .

Les mois du calendrier julien et leur longueur
Ianuarius 31 jours
Februarius 29 jours
Martius 31 jours
Aprilis 30 jours
Maius 31 jours
Junius 30 jours
Quintilis 31 jours
Sextilis 30 jours
September 31 jours
October 30 jours
November 31 jours
December 30 jours
TOTAL 365 jours

Mars (dieu de la guerre) était également le moment où l’on réengageait la soldatesque [le citoyen-soldat qui allait de nouveau avoir une solde s’il était  trop longtemps éloigné de son domicile et ne pouvait pas faire ses récoltes (dès la fin du Vème siècle av JC le soldat perçoit une solde (trois « as » par jour pour le soldat et le double pour le centurion) .  Mais une partie de la nourriture lui est retenue sur sa solde.) .  Cependant, après la Réforme Marianique (- 107 avant J.C), l’armée devient une armée de professionnels .  Les soldats recrutés reçoivent un salaire, et n’exercent plus que ce métier : ils sont soldats à part entière et l’équipement leur est fourni .  Désormais tout le monde peut entrer dans l’armée romaine sur la base du volontariat, même si certains peuples ont des vocations spécifiques (Italiens pour les cohortes, Germains pour certaines troupes de cavalerie …) .  Les soldats sont payés le jour de leur libération soit en argent (la plupart du temps), soit en dotation de terrains.] mais Mars correspondait aussi à la nouvelle sève avec l’arrivée du printemps (une nouvelle année de production démarre, car c’est le moment où commencent les travaux des champs ainsi que la reprise de la guerre. )  . 

Maintenant c’est Janus,  dieu des commencements et des fins, qui va présider à l’ouverture de l’année et à la saison de la guerre (les portes de son temple étaient fermées quand Rome était en paix) .  Il est figuré avec un double visage, l’un regardant vers l’arrière et le passé, l’autre tourné vers l’avant et le futur, ce qui montre bien son rôle de passeur d’un état à un autre .


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.La double tête de Janus au Musée du Vatican

Cependant l’ancien calendrier républicain (par rapport à la nouvelle répartition du calendrier julien) a laissé des traces dans notre vocabulaire encore aujourd’hui : nos derniers mois de l’année actuels s’appellent ainsi octobre (de « octo », le huitième), novembre (de « novo » le neuvième) et décembre (de « decem » le dixième) alors qu’ils sont désormais les dixième, onzième et douzième mois de l’année .

Après la chute de l’empire Romain, la tradition perdure peu et l’habitude aidant, on revient vite au calendrier lunaire dans beaucoup de campagnes, car il semble plus adapté aux semailles et aux moissons .

Pourtant plusieurs tentatives de réformes eurent lieu : en 532, le Pape Libère, essayera d’imposer le 1er janvier comme date de la nouvelle année (sans grand succès), après avoir fixé, une fois pour toute, la date de la fête de la naissance du Christ au 25 décembre .

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En France, le dimanche de Pâques, date de la résurrection du Christ (fixée en 325 par le Concile de Nicée),  marque le plus souvent la nouvelle année . 

Les cadeaux du nouvel an s’échangeaient ainsi au début d’avril, et la tradition du «poisson d’avril» reste encore habituelle à notre époque .
Cette plaisanterie d’avril tire son origine du Carême [les 40 jours précédant Pâques  (qui peut tomber à 35 dates différentes du 22 mars au 25 avril)], où les chrétiens sont tenus de faire pénitence (pénitence entamée le mercredi des Cendres, pendant laquelle il est interdit de consommer de la viande et des oeufs) et donc dans l’obligation de manger du poisson (quoi d’autre?) .  Or, passé Pâques, ils ne sont plus tenus que d’en manger une fois par semaine, le vendredi ; d’où cette malice d’offrir un poisson alors que l’on est autorisé à manger autre chose !

Voilà également l’explication du « Mardi gras », juste avant les privations, on faisait la fête, on mangeait et on buvait sans retenue .  Souvent, la fête s’accompagnait d’un défilé déguisé où l’on se moquait des puissants, en se déguisant et en faisant des mimes .

En revanche, durant ces quarante jours, les poules n’arrêtaient pas de pondre ; les oeufs s’accumulaient .  Voilà le pourquoi de cet usage d’une multitude d’oeufs à chercher dans les champs à Pâques .

 

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En 1564, alors qu’il séjournait au château de Roussillon, Charles IX promulga l’Edit de Roussillon imposant le 1er janvier comme commencement de l’année civile .  Il avait constaté que, selon les différents diocèses qu’il parcourait, l’année débutait soit à Noël (comme à Lyon par exemple), soit le 25 mars (Comme à Vienne), soit le 1er mars ou encore à Pâques, ce qui provoquait d’énormes confusions dans les échanges commerciaux .  Afin d’uniformiser l’année dans tout le royaume, il ajouta un article à un édit donné à Paris en début janvier 1563 qu’il promulgua au château le 9 août 1564 (la peste étant déclarée à Lyon) .

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.l’Edit de Roussillon 1564

 Cet édit n’est entré en vigueur qu’en 1567, trois ans après avoir été promulgué .

Mais ce n’est qu’en 1582, sous l’égide du Pape Grégoire XIII, que cette pratique va s’imposer petit à petit au reste du « monde » catholique .

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Cependant pour rester dans le XII ème siècle qui vient d’être abordé, la Fête des fous (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_des_Fous) était célébrée le jour de Noël, le jour de l’an ou de l’épiphanie (suivant les villes) .  C’était un temps de liberté lors duquel les domestiques devenaient maîtres et les maîtres les domestiques .  « La fête des fous est attestée de la fin du XIIe siècle à la fin du XVIe siècle, principalement dans les villes françaises. Elle peut être définie comme une mascarade de Nouvel An, à laquelle les ecclésiastiques participent activement. La confusion qui résulte de ce mélange entre les registres religieux et populaires de la fête a beaucoup contribué à sa mauvaise réputation.«  (par Pierre-Emmanuel GUILLERAY,  Ecole des Chartes thèse 2002) .

  Voir également  http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_de_Fauvel   (gravure ci-dessous) .

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.La fête des fous extrait du Roman de Fauvel XIV ème siècle

Une autre fête plus contestatrice de l’église fut célébrée dans certaines villes la veille de Noël ou au cours des secondes vêpres le 25 décembre .  C’était la Fête de l’âne .  Une jeune fille pénétrait dans une église, pendant la messe, à dos d’âne et avec un enfant dans ses bras .  Toutes les prières se terminaient alors par « hi-han! » .  L’église a fini très tardivement par interdire ces célébrations qui prenaient parfois un caractère obscène .

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A Beauvais, par exemple, le 14 janvier, un âne richement caparaçonné et monté par la plus belle jeune fille de la ville, tenant un enfant ou une grosse poupée emmaillotée, rappelait la fuite en Égypte .  Ils étaient menés, avec grande escorte, de la cathédrale à l’église Saint Étienne, où le clergé les introduisait en pompe dans le sanctuaire .  Ils y assistaient à une messe, en laquelle les réponses de l’Introït, du Kyrie, du Gloria in excelsis, du Credo, etc…, étaient remplacés par la modulation Hinhan trois fois répétée .  Après l’épître, on chantait la Prose de l’âne (*) La messe terminée, le prêtre, au lieu de dire : Ite, missa est, disait trois fois : Hinhan ; et le peuple, au lieu de Deo gratias, répondait trois fois : Hinhan .

 Cette introduction de l’âne dans les cérémonies religieuses est mentionnée dès le IXe siècle .  En certaines églises, elle constituait l’élément principal d’une fête spéciale ; en plusieurs autres, elle semble n’avoir été qu’un intermède plus ou moins compliqué de la Fête des fous .  Même diversité sur le jour de la célébration et sur le souvenir attaché à l’animal, qui figure, tantôt en nature vivante, tantôt en décor  ((*) à la fin de l’article sur  http://www.cosmovisions.com/$Ane.htm) .

Mais aujourd’hui, ces pratiques moyenâgeuses n’ont plus cours et la Fête de l’âne Morbihannais à Saint NOLFF semble beaucoup, beaucoup plus sage (http://morbihanes.zic.fr/) .

Comme l’était cette autre coutume de la carte de voeux ; car c’est au Moyen âge que la carte de vœux fit son apparition .  On envoyait alors un petit présent à sa famille en l’accompagnant d’une lettre de vœux peinte à la main .  Cette habitude avait complètement disparu au XVI ème siècle avant de revenir en force au XVIII ème siècle .

Cette introduction va nous permettre, courant 2013, d’aborder le XIIIème siècle en Bretagne, ainsi qu’à Rennes et de constater que le quartier Saint-Martin n’évoluera guère durant cette période .

En attendant cette occurrence, nous vous présentons nos …

.tmeilleurs-voeux-004

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J.M. MARTIN pour LPSM

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La Rivalité des Comtes pour le duché n°2

Posté par LPBSM le 10 décembre 2012

La Rivalité des Comtes pour le duché n°2 chevalier-01


 

 

 

 


Bonjour,

J’ai estimé qu’un deuxième article serait plus souple pour raconter les difficultés que devait aborder une lignée de Comte devant accéder au titre de Duc .

Les divers changements qui s’opèrent dans la société bretonne au cours des X ème et XI ème siècles vont conduire à un changement radical des anciennes structures publiques aboutissant à la mises  en  place  de  sept

Comtés principaux, au XII ème siècle, dus aux différents mariages .bro-gernev-1er-comte-1008-1019

  • .Ici, déjà au Xème siècle, neufs Comtés sont bien distincts ; Bro-Waroch (au VIème siècle) ou Bro-Wened (pays des Vénètes avant) fut rattaché au duché jusqu’en 913 ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Comte_de_Vannes) .

Le Comté de Cornouaille ou Bro-Guernev (le pays de Guernev)  provient du nom du premier Comte qui se rendit maître de la Cornouaille et qui s’appelait Guernev (1008-1019) .

Le Bro-Wened (pays des Vénètes du nom de la tribu gauloise ayant la même origine que ceux qui s’établirent à Venise) se transforma en Bro-Waroch lorsque  Waroch I (500 -550) réalisa sa conquête et le transforma en royaume de Broërec (même si dans la ville de Vannes se maintiennent cependant un comte franc et un évêque gallo-romain) et règne sur la région de Benetis (ancien nom de Vannes) ; mais c’est Waroch II (577-594), son petit-fils, qui pris Vannes en 578 et qui unifiera définitivement le bas Vannetais et le haut Vannetais ; par la suite ses successeurs se définirent comme Princes ou Comtes (sauf Morvan (750?-822?) qui revendiquera  le titre de roi des bretons en narguant le roi des francs, Louis Le Débonnaire) .
Rennes devient alors vers 585 la base arrière des ducs francs Beppolène et  Ebrachaire, chargés de soumettre Waroch II .  Waroch II tentera en vain d’imposer son fils Canao II aux Rennais …
.Le gwenn ha du (le drapeau breton moderne noir et blanc), est composé de neuf bandes, noires ou blanches parce que chaque pays y est représenté .
bro-wened
.Bro-Wened
Pour gérer ces grandes structures (les 7 grands Comtés principaux au XIIème siècle), va se mettre en place un système féodal où de petites seigneuries encadreront le monde marchand et le monde paysan .  Mais, retour de la médaille, le fait de confier des apanages (fiefs attribués à ceux qui étaient exclus de l’héritage  (le mot apanage vient du latin ad panem qui signifie « pour donner du pain » (panem)), va conduire à une dispersion du centre du pouvoir  .
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carte-des-composantes-et-des-pays-des-grands-comtes-de-bretagne

Carte des composantes et des pays des grands Comtés de Bretagne

Les différents ducs qui se succéderont, auront bien du mal à se faire respecter de vassaux qui, parfois, auront l’envie de prendre leur place comme le prouve l’exemple de Conan II (1040-1066) qui doit subir le soulèvement de son oncle, Eudes de Penthièvre, du Comte de Cornouaille (Alain Canhiart 1029-1058) et d’autres seigneurs de moindre envergures .
Afin de vous y reconnaître dans ces successions qui ne durent que ce que la connaissance « médicale » peut permettre (et elle a tendance à faire mourir les patients en pratiquant systématiquement la saignée avec des instruments servant à la dissection des cadavres, quand ce ne sont pas des instruments de rasage, ce qui aggrave la possibilité de défense immunitaire qui aurait été disponible autrement), voici la liste des Comtes de Rennes qui se sont succédés pour essayer de garder la prédominance ducale et l’indépendance de la Bretagne jusqu’à Anne de Bretagne (1477-1514) http://fr.wikipedia.org/wiki/Comte_de_Rennes  .
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Pour mieux vous faire comprendre les difficultés qu’il y avait de venir au monde à cette époque, alors que ceux que je vais donner en exemple semblent être les mieux lotis pour être le centre de toutes les attentions (surtout quand ce sont des héritiers mâles dignes d’assurer la succession), je vais évoquer le 21 novembre 1451, où Louis XI se rebelle à nouveau contre son père, en épousant contre le gré du roi (Charles VII), Charlotte de Savoie .  Cette princesse amènera en dot une fortune considérable, mais malgré ses nombreuses qualités, Louis la négligera au plus haut point .  Elle lui donnera tout de même 8 enfants (dont 5 survivront) et citer pour compléter l’exemple, Anne de Bretagne qui eut neuf enfants dont sept morts en bas-âge (en juillet 1492 un premier garçon (fils de Charles VIII) décéda d’une épidémie de rougeole en 1495 ; un second garçon mourut dès sa naissance en juillet 1493 ; le 8 septembre 1496, Anne accouche  d’un troisième garçon qui meurt le 2 octobre au Plessis ; de cette union naissent six enfants, tous morts en bas âge) .  Deux filles survécurent du second mariage avec Louis XII ; dont une avec une malformation identique à celle de sa mère .
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le-nouveau-ne-de-georges-de-la-tour-1645-16481
.Le Nouveau-né de Georges de La Tour (1645-1648), Musée des beaux-arts de Rennes
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Les matrones qui devaient s’occuper des nourrissons n’avaient aucune idée de ce qu’une bactérie pouvait représenter et les mouches (au mois de juillet) pullulaient passant de fientes des divers animaux jusqu’aux yeux des nourrissons sans que personne ne puisse comprendre qu’il fallait en faire la chasse (un travail épuisant) pour éviter une éventuelle contamination .  Je vous rappelle, entre autre, que le verre n’est réservé qu’aux vitraux des cathédrales et que les châteaux n’ont que des tentures masquant les fenêtres le soir, mais qu’on ouvre dans la journée et qu’on transporte ces tentures de châteaux en châteaux (voir l’article : http://lepetitsaintmartin.unblog.fr/2011/08/05/article-intermediaire-sur-lan-mil/) .  Ce n’est qu’au XIV éme siècle, en Normandie, que la première usine de « fenêtres » fabriquant du verre à vitre plat ouvre ses portes (Au début du XIVème siècle, naquit la première verrerie à vitre à Bézu-la-forêt dans l’Eure et les feuilles planes (« plats de verre ») inventées par Philippe Cacqueray) ; d’objet de luxe, le verre devient alors un produit utilitaire .    Aujourd’hui,  ceci est remis en question par certains archéologues ; voir  : http://cem.revues.org/1486. ; http://mpflimousin.free.fr/pdf/VerreJPP05.pdf. et http://www.infovitrail.com/verre/coulage-du-verre-plat.php, pour une vision plus technique .  Ce n’est qu’en 1698, au château de Saint Gobain, que Lucas de Nehou mis au point le coulage des glaces .  Ce n’est réellement qu’au XVII ème siècle qu’on voit apparaître l’abandon des meneaux en pierre pour celui des meneaux en bois (http://www.verre-histoire.org/colloques/verrefenetre/pages/p406_01_roussel.html) .

[L’usage du verre à vitre était connu des romains mais fut peu répandu dans l’architecture civile jusqu’au XVème siècle . On se prémunit du vent et des intempéries par des moyens rudimentaires : volets de bois, toiles cirées, peaux ou papiers huilés qu’il valait mieux protéger de grillages. Durant le Moyen Age, il y eut une longue stagnation du verre à vitre dans les maisons où les fenêtres dont la taille diminua n’étaient presque plus vitrées .  Au 17ème siècle, la fabrication du verre s’est faite par coulée sur une table, avec dimensions maximales des plaques : 1,5 m x 2 m . La Manufacture Royale des Glaces de miroirs a été créée en 1665 par Colbert, qui voulait que le verre soit fabriqué en France et non plus importé d’Italie, essentiellement de l’Ile de Murano près de Venise . La Manufacture s’installera en 1693 dans le village de Saint-Gobain dans l’Aisne, qui lui donnera son nom, conservé jusqu’à ce jour. Elle fabriquera en particulier en 1885 les 357 miroirs de la Galerie des Glaces du Château de Versailles .  L’utilisation du verre dans le bâtiment s’est développée aux 17 et 18ème siècles .  Au début du 20ème siècle, le verre était fabriqué par la technique du verre coulé et laminé : on tirait le verre à travers des rouleaux puis on le polissait, dimensions maximales : 3,5 m x 2,5 m .  En 1960 : le procédé FLOAT-GLASS a été inventé par PILKINGTON : le verre flotte au-dessus d’étain en fusion, dans le four de fabrication .  C’est la technique utilisée aujourd’hui . http://reveriedart.e-monsite.com/pages/techniques-et-histoire-du-verre/techniques-et-histoire-du-verre.html]


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.Verre plat du II ème IIIème siècle ap-JC, a été trouvé dans les fouilles de Stonea Grange (GB) et est exposé au british museum à Londres. Il est translucide et d’une couleur naturelle bleu vert.

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.Vitrail de la cathédrale de Chartres début du XIII ème siècle
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Une fois passé les premières affres de la contamination du nourrisson (surtout que le nourrissage au sein, se faisait avec des « servantes » qui ne pouvaient pas donner au nourrisson les éléments nécessaires à ses défenses immunitaires incluses spécifiquement dans un lait maternel très individualisé)il fallait aborder l’éducation plus axée sur les métiers d’armes et la chasse que l’enseignement de l’écriture  (Bertrand Du Guesclin (1320-1380)  ne savait ni lire, ni écrire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Du_Guesclin) et fut nommé Connétable de France (chef des armées))  .
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Les entraînements aux métiers d’armes étaient souvent source de plaies diverses entraînant des infections que les « médecins » de l’époque ne savaient guérir qu’avec les « saignées » (évoquées plus haut) et donc source de surinfection (http://www.tetue.net/spip.php?article227 et http://100associes.free.fr/Expo16/ExpoTemp16.html) .
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La saignée par le barbier

Il faut bien, réaliser qu’à cette époque l’espérance de vie était au maximum de 40 ans .  Il fallait donc se dépêcher de faire des héritiers mâles pour s’apercevoir, de temps en temps, que l’unique héritier était capable de se retourner contre son père [comme dans le cas de Charles VII et son fils Louis (qui deviendra Louis XI) qui Le 25 juin 1436, à Tours, épouse Marguerite Stuart, fille du roi Jacques Ier d’Écosse, alors âgée de onze ans, cette princesse devant décéder à l’âge de 20 ans en 1445, sans avoir donné d’héritier à son époux .  Cette union imposée par Charles VII visait à rapprocher la France de l’Écosse, son alliée traditionnelle contre l’Angleterre .  Ce mariage non voulu par Louis, qui n’a que 13 ans, l’opposera un peu plus à son père .  Cette opposition lui fera prendre la tête de la « Praguerie » (1440) à l’âge de 17 ans, aux côtés de seigneurs tels que les ducs de Bourbon et d’Alençon jugeant le Dauphin plus apte à régner que son père .  Cette révolte fut un échec et le roi « confia » à Louis le gouvernement du Dauphiné, ce qui était une façon élégante de l’éloigner de la cour et notamment de la favorite en titre Agnès Sorel que le Dauphin poursuivait de sa haine .  La trahison du dauphin s’expliquant par la répugnance de Charles VII à lui laisser un apanage ou un territoire à gouverner jusqu’à sa révolte .  Le dauphin vient à résipiscence (Reconnaissance de sa faute et résolution d’agir mieux)  à Cusset .  Charles VII fait distribuer des pensions aux seigneurs révoltés, récompense ses fidèles et confie à son fils le gouvernement du Dauphiné … ] .

Cependant, même arrivé à majorité (c.à.d. à l’âge de quinze ans) quand on est Comte de Rennes et qu’on doit devenir Duc, les Comtés de Penthièvre (apanage confié au frère d’Alain III), celui de de Porhoët (dominé par la puissante famille des Rohan), ceux de Tréguier, de Léon et de Cornouaille, se considèrent hors du domaine ducale et maîtres en leur « royaume » .  Seul, Alain III se montrera assez énergique pour s’imposer au grands (Marié en 1018 avec Berthe, fille du Comte Eudes II de Blois, il a deux enfants :

  • Conan, duc de Bretagne 1040 à 1066 sous le nom de Conan II,
  • Havoise de Bretagne, qui épousera Hoël de Cornouaille, qui succèdera à Conan II en 1066 sur le trône de Bretagne .
  • D’une concubine inconnue, Alain III laisse également un fils illégitime : Goeffroy Grenonat dit : le Moustachu, Comte de Rennes en 1066 .  Il restera Comte de Rennes jusqu’en 1084 où Alain Fergent, fils de Havoise de Bretagne et de Hoël de Cornouaille, l’assiège dans la ville de Rennes dont Goeffroy Grenonat avait fait renforcer les remparts en 1077) .

Son fils Conan II meurt le 11 décembre 1066 sans héritier .  Le duché passe donc de la maison de Rennes à celle de Cornouaille puisque sa soeur avait épousée Hoël de Cornouaille qui deviendra duc à sa mort sous le nom de Hoël II de Bretagne .

Cet article risquerait de devenir fastidieux si je devais décrire un par un les difficultés rencontrées par chacun des Comtes qui se sont succédés pour conquérir le titre ducal où après Pierre Mauclerc * (1187 – 1250) les ducs de Bretagne se comportent en vassaux fidéles des rois de France (des capétiens) .

* Son surnom de Mauclerc peut aussi faire référence à la relation conflictuelle qu’il entretint avec le haut clergé breton en général et l’évêque de Nantes en particulier .  Celui-ci ne voulait pas lui céder des terrains appartenant au clergé, qui étaient situés sous le tracé de la nouvelle enceinte de la ville .  Son surnom est attesté dès le milieu du XIII ème siècle et figure dans l’arrêt de Conflans (1341) .

pierre-ier-de-bretagne-ou-pierre-de-dreux-ou-pierre1
.Pierre Ier de Bretagne ou Pierre de Dreux ou Pierre Mauclerc sur un vitrail de la cathédrale de Chartres
.
Cette image est symbolique du bain culturel religieux qui s’imposera à la société bretonne jusqu’au XXème siècle, aussi bien sur le plan culturel (Ceux qui sont appelés aux plus hautes fonctions sont le plus souvent des moines (c.f. Gerbert d’Aurillac) et les précepteurs de la noblesse proviennent le plus souvent de l’abbaye de Cluny) que philosophique (Saint Augustin (354 -430) qui a été également le penseur le plus lu au Moyen-Age) .
Il pourrait paraître surprenant de nos jours, si nous ne tenions pas compte de cette importante imprégnation culturelle, de voir la majorité des Ducs de Bretagne terminer leur vie soit dans les croisades, soit dans des monastères ; et ce de leur plein gré .
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Voilà, j’espère que cet article vous aura mis dans une ambiance XI ème – XII ème siècle malgré le peu d’information sur Rennes (sauf le renforcement des remparts en 1077 par Geoffroy Grenonat), tout en sachant que le duché restera, bon an mal an … (Employée au moins depuis le XVIIe siècle, cette expression se comprend aisément .  Elle a d’abord été associée à des activités répétitives sur une longue durée ; la ‘moyenne’ tient compte des bonnes et des mauvaises années qui se succèdent .  Ainsi en est-il dans un vignoble, par exemple, de la production de vin dont la qualité et le volume varient au fil des ans mais qui, bon an, mal an, restent sans grandes surprises, si les techniques n’évoluent pas, ni les surfaces cultivées .  Elle s’utilise maintenant beaucoup plus largement, même si la durée n’est plus un multiple d’années . 
Il ne faut pas oublier que ‘an’ vient du latin ‘annus’ qui désignait l’année mais aussi la récolte .  La variabilité de la qualité et du volume des récoltes dans le temps, a un très probable lien avec la naissance de l’expression)
, … rennais jusqu’en 1203 ; ce qui va nous faire aborder le XIIIème siécle .
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Ceci est mon cadeau de Noël 2012  !
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Bonne année 2013 à tous, nous entamerons nos plus de huit-cent ans d’écart dans un article suivant .
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J.M. MARTIN pour LPSM

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Bonne fêtes 2012

Posté par LPBSM le 1 décembre 2012

Bonjour,

Bonne fêtes 2012 sapin-bleu
.Joyeux Noël en français qui est devenu la langue officielle d’un royaume qui a bien faillir devenir anglais

Les articles vont continuer pour 2013, même si nos obligations et nos combats pour sauver telle ou telle entité historique sur la ville de Rennes nous accaparent presque à temps plein .

 

J.M. MARTIN pour LPSM

 

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